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Le HDR simplifié, et pourquoi c’est bien!

Cette page s’adresse aux producteurs, réalisateurs et chefs opérateurs qui ne comprennent pas encore bien ce qui se cache derrière le terme HDR, ni la valeur ajoutée que cette technologie peut apporter à leurs productions.
Il s’agit donc d’un article volontairement peu technique, conçu pour rester le plus simple et clair possible.


Il a été rédigé à la suite des différentes questions qui m’ont été posées à ce sujet.

Si vous voulez accéder directement aux vidéos d’exemples, c’est par ICI

Le HDR c’est quoi ?

Le HDR (High Dynamic Range) est une technologie apparue vers 2015. Elle agit sur la gamme dynamique, c’est-à-dire la luminance, le contraste et la restitution des couleurs d’une image vidéo.


Elle se distingue du SDR (Standard Dynamic Range), conçu à l’origine pour fonctionner avec les téléviseurs cathodiques (CRT).


Aujourd’hui encore, la grande majorité des contenus cinématographiques et audiovisuels sont finalisés et diffusés en SDR.

Ok, mais ça nous avance pas sur « c’est quoi concrètement le HDR ? »

Pas faux…

En résumé, le HDR cherche à se rapprocher de la perception de l’œil humain en matière de luminosité, de contraste et de couleurs.

Le SDR, lui, offre une vision beaucoup plus limitée : il a été conçu pour les écrans cathodique, dont la première norme date de 1982 (ITU‑R BT.601) peu lumineux et incapables de reproduire toute la richesse des couleurs visibles par l’œil humain.

Avec le HDR, on bénéficie d’une plus grande amplitude entre les zones claires et sombres de l’image, de contrastes plus nuancés et d’une palette de couleurs plus étendue. Résultat : une image plus naturelle, plus détaillée et plus proche de la réalité.

Ouais ok, mais j’imagine qu’il faut changer de matériel et que c’est réservé à une niche ?

Pas vraiment.

Le processus de tournage reste le même : on filme un décor, avec ou sans acteurs, à l’aide d’une caméra.

Ensuite, le montage, l’étalonnage et le mixage audio se déroulent comme pour n’importe quelle production. Le projet final peut être stocké sur un disque dur, diffusé sur une plateforme en ligne ou partagé via les réseaux sociaux.

Enfin, ce film peut être visionné sur différents écrans : cinéma, téléviseur, tablette ou smartphone. Le HDR s’adapte à chaque support capable de le restituer, sans changer fondamentalement la manière dont on réalise le film.

Ok... Et ?

Alors, concrètement, pour la caméra, rien ne change : il n’y a pas besoin de matériel supplémentaire.
Il suffit simplement de capturer les images en 10 bits minimum, en RAW ou en Log — ce qui est déjà pratiqué sur la plupart des tournages professionnels.

C’est en post-production que le HDR commence à se faire sentir. Les étapes classiques restent les mêmes, mais certaines précautions sont nécessaires :

  • L’étalonnage doit être effectué avec un écran de référence HDR pour restituer correctement les contrastes et les couleurs.

  • Lors de l’export et de la diffusion, il faut respecter les encodages HDR pour que le rendu soit fidèle sur les différents supports.

En résumé : le HDR ne change pas la manière de tourner, il s’intègre dans le workflow existant, avec quelques adaptations en post-production.

Alors, est-ce qu’on ne fait que tirer le signal au moment de l’étalonnage ?

Pas du tout!

En réalité, la caméra capture beaucoup plus d’informations que ce que le HDR ou le SDR peuvent afficher. Elle enregistre une plage dynamique plus large, avec davantage de détails dans les zones claires et sombres.

Le HDR permet simplement de restituer une partie de cette richesse sur nos écrans, tandis que le SDR ne montre qu’une fraction plus limitée de ce que la caméra a enregistré.

Et alors, il faut un écran à plusieurs milliers d’euros ou une salle IMAX pour profiter du HDR ?

Non.

Aujourd’hui, la plupart des grandes plateformes — Netflix, Disney+, Prime Video, HBO, YouTube, Instagram, Vimeo, et bien d’autres — diffusent déjà du contenu en HDR.

Côté matériel, la majorité des téléviseurs sortis depuis moins de cinq ans sont compatibles HDR.
C’est aussi le cas d’un nombre croissant de smartphones, de tablettes et même des ordinateurs portables récents.

Les seules à ne pas encore suivre massivement le mouvement, ce sont les salles de cinéma : en France, les écrans HDR se comptent encore sur les doigts d’une main

D’accord, donc tout est prêt pour le HDR. Mais si mon film en HDR passe sur un écran non compatible, ça ne risque pas de tout dérégler ?

Pas d’inquiétude.


Si l’écran ne gère pas le HDR, le signal est automatiquement converti en SDR.
Ton film restera parfaitement visible, simplement avec une plage dynamique standard — sans les bénéfices du HDR, mais sans problème d’affichage non plus.

Ah, donc il faut faire deux étalonnages différents ?

C’est beaucoup plus simple!

Tu réalises ton étalonnage principal en HDR, puis tu fais simplement une vérification en SDR pour t’assurer que tout s’affiche correctement.

Grâce au tone mapping et aux métadonnées intégrées, le fichier s’adapte automatiquement à l’écran sur lequel il est lu.
Autrement dit, un seul master HDR bien fait peut être lu de manière cohérente, que ce soit sur un écran HDR ou SDR.

Le tone-quoi ? Et les méta-quoi ?

Pas de panique, ce n’est pas ton problème !


Si la post-production est bien faite, ton film s’adaptera automatiquement à chaque écran.
Le système gère tout ça en arrière-plan : le rendu sera cohérent, que tu sois en HDR ou en SDR.

Mais il y aura mieux dans 5 ans.

Qui sait!

Mais le HDR est Future Proof. Il se rapproche de la vision humaine, à quoi ça servirait d’aller plus loin ?

À partir de ce master HDR on peut tout sortir! DCP, ProRes Rec709, H264, H265… et les formats à venir.

On résume ?

On arrête d’utiliser une norme qui a plus de 40 ans!

On utilise enfin toute la matière capturée par la caméra

On diffuse une large gamme de luminosité et de couleurs

On se simplifie la vie avec un Master future proof

Les plateformes et les réseaux sociaux sont compatibles HDR

La majorité de nos écrans, tablettes, téléphones… sont compatibles HDR

Notre vision repose avant tout sur la perception de la lumière et des couleurs par le couple œil–cerveau.
Dans la nature, la lumière et les couleurs sont extrêmement riches et variées.

Notre œil a une plage dynamique très large : il peut percevoir à la fois les détails d’une zone très lumineuse et ceux d’une ombre profonde.
Cette capacité reste bien supérieure à ce que peuvent reproduire les écrans, même en HDR, et encore plus en SDR.

Visuel représentant comment la vision humaine SDR et HDR

Une caméra cinéma moderne peut enregistrer une grande richesse de couleurs et de détails, bien plus que ce que la diffusion SDR peut restituer.
Elle capture également une large plage de luminosité, entre 14 et 16 diaphs (ou F-Stops), correspondant à l’écart entre les zones les plus sombres et les plus lumineuses d’une image.

En SDR, beaucoup de ces informations sont perdues : seulement environ 6,5 diaphs sont conservés lors de la diffusion, ce qui limite les nuances et les couleurs affichées.

En HDR, on peut restituer jusqu’à 10 diaphs, parfois un peu moins, mais beaucoup plus que le SDR.
C’est toujours moins que ce que l’œil humain peut percevoir dans la nature, mais suffisant pour que l’image soit riche, nuancée et très proche de ce que nous voyons réellement.

Différence signal SDR HDR

On peut constater que le signal maximum du SDR ne représente que 50% de celui du HDR.

EXEMPLES

Les vidéos Dolby Vision et HDR sont visibles en HDR uniquement si votre écran est compatible HDR (ex. iPhone 12 et +, Mac à partir de 2018, iPad Pro, Samsung Galaxi S22, Microsoft Surface Pro 9…), par défaut elle s’adaptera à votre écran. Google Chrome n’est pas compatible.

Il est important de désactiver le True Tone et le Night Shift pour profiter du HDR.

Voici quelques images filmées avec ce que j’avais sous la main, un simple GH4.

V-log – 1080p50 – 422 10 bits

Blackmagic Video Assist : ProRes422 HQ

FALL

WORKSHOP

Ce comparatif m’a été proposé par David Hover, étalonneur et formateur.

Il s’agit d’une reconstitution du SDR comparé à un étalonnage en HDR.

 

B&W